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Fév 04 2017

A la découverte du Japon de Scorsese

Au Japon, le culte ancestral du shinto rend hommage à la nature et au moment présent. Des mystères de Tokyo aux sanctuaires de la péninsule de Kii, voyage à la découverte d’un panthéon infini qui a inspiré au cinéaste Martin Scorsese son dernier film « Silence ».

Du haut de la tour Otemachi, le front contre une vitre froide, on domine le treillis luminescent de Tokyo qui s’étend dans la nuit. Univers conçu et dominé par l’homme. Où se cache sa part d’éternité ? Les divinités japonaises ne demeurent-elles pas en tout lieu à chaque instant ? Des voyants rouges clignotent au coin des immeubles. Du morse céleste ? Un indice liturgique ? Tout est si différent dans cette partie du monde qu’on imagine des dieux marchant sur la tête. Ce ne serait qu’à moitié faux : à rebours des grands monothéismes, la religion ancestrale du Japon, le shintoïsme, est exclusivement tournée vers la vie présente. L’éternité ne se cache pas dans un arrière-monde ou un au-delà, c’est la création tout entière qui est sacralisée. Aussi le panthéon shinto est-il infini : il y a un kami (esprit) des nuages, de la montagne, du tonnerre, de la palourde, du riz et même des corps de métier, comme les distillateurs ou les espions…

Dans l’espoir de se rapprocher de ces dieux énigmatiques, on prend place à bord d’un shinkansen, ce train à grande vitesse qui file vers le sud et la péninsule de Kii, où s’élève le plus important sanctuaire shinto de l’archipel. La locomotive au profil de dauphin fend le corail urbain à près de 300 km/h.

[…]

C’est par d’immenses cyprès se découpant contre un ciel jaune que s’annonce le sanctuaire d’Ise, point d’orgue de notre voyage à la rencontre des divinités indigènes. On franchit un pont précédé d’un torii (portique), avant de serpenter entre les cèdres centenaires. En signe de respect pour les esprits, la voie menant vers leur demeure ne doit pas être droite. Après s’être purifiés avec des louches d’eau, les fidèles poursuivent leur chemin au coeur d’un jardin parfaitement taillé. On devine un toit en écorce au-dessus duquel se croisent des lances de bois. C’est le Saint des Saints, le naikû, la demeure d’un illustre kami : Amaterasu, la déesse du soleil.

Suite de l’article sur : http://www.lesechos.fr/week-end

SILENCE Bande Annonce VOST (Martin Scorsese – 2017)

 

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